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Les Chroniques de Player One : 20 ans de Jeu Vidéo et de Manga

Héros de toute une génération, Player One fête cette année les 20 ans de sa création. Hommage personnel mais aussi professionnel, Les Chroniques de Player One sont l'occasion de revivre l'évolution de l'industrie du Jeu Vidéo et du Manga.

Une publication Pika Edition



Retrouvez Alain KAHN et Olivier RICHARD, auteurs du livre
en conférence le Samedi 20 Février à Japan Expo Sud
ainsi qu'en dédicaces sur le stand D14, L'Antre du Snorgleux

Présentation


Il y a vingt ans naissait Player One, le premier magazine d’Europe dédié aux consoles de jeux vidéo.

Le succès remporté à la fin des années 1980 par les consoles 8 bits, l’annonce de la sortie de la Mega Drive de Sega et du Game Boy de Nintendo décident l’équipe à lancer Player One en septembre 1990. Dès son premier numéro, il intègre le jeu video dans une vision panoramique de l’entertainment où se bousculent films, bandes dessinées, séries TV, Manga et, bien sûr, jeux.

Le succès est instantané. Les joueurs se reconnaissent dans le ton, les tests, l’esprit et la rédaction du magazine. Vingt ans après, le jeu vidéo pèse plus lourd que les industries du cinéma et de la musique réunies.

Les Chroniques de Player One raconte l’histoire de ces années passionnantes et de ses acteurs.



Les auteurs

Olivier RICHARD
Né en 1965, il collabore aux magazines Rock & Folk, USA Comics, SVM Mac, L’Affiche et Player One où il écrire la rubrique entertainment (Manga, cinéma, BD) pendant toute la durée de vie du magazine. Il collabore, par ailleurs, à Télévisator 2 sur France 2 et a été directeur des programmes des chaînes MCM pendant plus de douze ans. Il a également dirigé les programmes d’Europe 2 TV puis de Virgin 17. Il passe son temps libre à lire de vieux grimoires d’alchimie, à la recherche d’un moyen pour ressusciter les Ramones, son groupe préféré.

Alain KAHN
Né en 1948, il découvre le Japon en 1967 et en tombe amoureux. Il se lance ensuite dans l’importation de matériel informatique et distribue les premiers ordinateurs bon marché et ludiques produits par Amstrad. En 1987, il crée Média Système Edition (MSE) qui publiera les magazines Amstrad CPC, Player One, Nintendo Player, Manga Player, etc. Il fonde Pika Edition, en 2000, qui devient rapidement un des trois leaders du Manga en France. Il rêve d’épouser les filles du studio CLAMP.


Interview des Auteurs


Comment êtes-vous arrivé dans l’édition ?

AK : Je travaillais dans l’informatique, et avec Amstrad. Marion Vanier m’a demandé d’éditer leurs magazines pour leur PC et leur CPC.
OR : J'ai commencé à quatorze ans en publiant avec un copain, Bruno Terrier, un fanzine consacré au cinéma fantastique : « Dans l'abîme du fanzine ». Après, j'ai pigé dans différents magazines comme « USA Comics », « SVM Mac », « Rock & Folk » puis dans les magazines de MSE à partir de septembre 1990.


Dans les années 80, quel paysage avait l’industrie du jeu vidéo et des loisirs japonais ?

AK : Inexistante. C’est le succès de l’Amstrad CPC a permis le développement de l’industrie du jeu vidéo avec la naissance des éditeurs comme Ubisoft et Infogrames, par exemple. L’arrivée des consoles de jeux Nintendo et Sega a boosté ce marché au tournant de la décennie. Quant aux loisirs japonais, c’est plus tard.
OR : On ne connaissait que les bornes d'arcade. Les salles de jeux avaient vraiment la cote à l'époque, les jeux qu'on y trouvait proposaient une alternative démente aux flippers et aux baby foots traditionnels. Dans chaque station balnéaire, les mômes et les ados se retrouvaient pour jouer, ce qui n'était pas toujours possible en période scolaire, notamment à Paris, où les salles de jeux étaient interdites aux moins de dix-huit ans.


Lancer des magazines comme Amstrad CPC ou Player One représentait-il un risque à l’époque ?

AK : Certainement, mais j’étais jeune et très inconscient.
OR : Depuis, Alain est devenu très vieux mais il est de plus en plus inconscient, sinon il n'aurait pas pris le risque de publier ce bouquin !


Dans les pages de Player One nous trouvions du cinéma, de la musique, de la BD, le magazine était régulièrement partenaire de sorties de films au cinéma, des politiques étaient interviewés, un hors-série de musique de jeu a vu le jour, vous vous battiez contre les préjugés d’associations comme Familles de France...

AK : Nous avons toujours pensé que nos lecteurs n’étaient pas que des « video game addicts » et qu’ils s’intéressaient aussi à d’autres loisirs et à d’autres sujets. Olivier Richard a été le grand artisan de ces rubriques. Avoir à se battre contre les préjugés est une constante quand il y a nouveauté et changement.
OR : Nous sommes dans une époque d'ultra-segmentation (cf. le Web). Je ne suis pas étonné que certains magazines aient choisi de ne se concentrer « que » sur le jeu. Quant aux polémiques, elles existent toujours (cf. « GTA ») et je pense que c'est le boulot des canards de prendre position. Dommage pour eux s'ils ne le font pas, ce sont des magazines pas des catalogues publicitaires.


De la même manière, nous comptons plusieurs aventures télévisées et radio avec Player One : MCM, Antenne 2, Sud Radio...

AK : A l’époque le jeu vidéo était considéré comme un divertissement pour jeunes attardés. Heureusement, certaines télévisions se sont intéressées à ce nouveau loisir et, comme ils n’y comprenaient rien, elles nous ont de demander de collaborer ensemble, ce que nous avons fait.
OR : Dans la plupart des chaînes, le jeu était généralement considéré comme un jouet un peu crétin mais sympa, au mieux, ou comme un passe-temps d'abrutis, au pire. Heureusement, quelques patrons de chaînes ont compris ce qu'il se passait et ont approché les Drevet, qui ont fait l'interface avec MSE (société éditrice de Player One, ndlr).


Comment avez-vous vécu l’arrivée sur le marché de nouveaux magazines de jeux vidéo à l’aube des années 2000 ?

AK : Nous n’avons pas pu résister à la politique agressive de nos puissants concurrents (débauchage de nos collaborateurs, dumping sur les tarifs de pub, etc.). C’est la dure loi des affaires.
OR : A la rédac, on comprenait qu'on entrait dans une nouvelle époque, plus industrielle et moins fun.


L’aventure « Player », c’est aussi Manga Player. En 1994, nous trouvions déjà dans Player One des feuillets de Manga pré-publiés comme Ranma 1/2...

AK : Jeu vidéo et Manga sont du même creuset culturel. Et pour plus de détails, je vous conseille (de façon intéressé, je le reconnais) de lire « les chroniques de Player One » !
OR : C'est Pierre Valls, l'actuel directeur éditorial de Pika et le directeur de la rédaction de MSE de l'époque, qui a milité pour que MSE se lance dans la traduction de Manga.


Avec le recul, Player One est devenu un objet culte pour toute une génération...

AK : Franchement, je ne me l’explique pas. J’ai très mal vécu la fin de Player One et je suis ravi qu’il revive.
OR : Parce que le magazine était écrit avant tout par des passionnés et que cela se sentait ; parce que nous défrichions un petit peu des territoires nouveaux et qu'il y avait vraiment une âme dans le canard.


Fort de votre expérience avec MSE, comment voyez-vous le marché actuel de la presse vidéoludique ?

AK : Si l’on parle de presse vidéoludique « papier », j’ai quand même l’impression qu’elle est en voie de disparition. Il y a certainement un futur pour la « presse vidéo ludique » numérique, pour autant qu’il y ait un modèle économique qui permette de payer les journalistes !
OR : J'ai l'impression qu'elle ne s'est pas suffisamment remise en cause face au Web.


Clin d’œil aux fans : « Dragon Kahn », vous étiez le super-méchant improbable de l’hymne à Player One !

AK : Un « patron » peut (ou doit) être méchant ou au moins faire peur, de temps en temps. Mais il y a aussi des gentils dragons.
OR : La vérité sur cette histoire ne peut et ne doit pas être révélée...


Merci à Alain Kahn et Olivier Richard d’avoir eu la gentillesse de répondre à nos questions, et un grand merci à Laure Peduzzi.
Propos recueillis par R.D. (SEFA EVENT).
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